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Formation sanitaire de Dori : Décider s'il faut mesurer le taux de discontinuation
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Formation sanitaire de Dori : Décider s'il faut mesurer le taux de discontinuationMme Kayuku, une infirmière, responsable de la Formation sanitaire de Dori, regarda sa montre et commença à s'impatienter. Elle attendait M. Sidibe qui devait arriver à 10 heures, et il était en retard. Il lui semblait que tous les consultants envoyés par le Bureau central du programme de planification familiale arrivaient en retard. Elle se demandait si elle aurait suffisamment de temps pour lui montrer la formation sanitaire dont était elle responsable. Elle avait reçu la semaine précédente une circulaire du Bureau central l'informant d'une nouvelle initiative du programme destinée à améliorer la qualité des services. Un consultant étranger spécialiste de l'amélioration de la qualité des services planification familiale, M. Sidibe, avait été engagé pour recueillir des données dans plusieurs formations sanitaires afin de pouvoir faire des recommandations sur la mise au point d'un système de contrôle de la discontinuation des clientes. Mme Kayuku examinait les rapports de statistiques de service quand M. Sidibe arriva enfin. Elle cacha son irritation et l'accueillit à la formation sanitaire. «Bonjour» dit-elle, «je suis ravie de vous rencontrer et je suis à votre service pour vous aider de mon mieux.» M. Sidibe était un homme de petite taille qui parlait rapidement et pour lequel les formalités d'usage paraissaient une perte de temps. «J'ai un certain nombre de questions à vous poser sur la formation sanitaire et je vais commencer sans plus tarder.» Il ouvrit son cahier et se penchant sur ses notes sans la regarder, il poursuivit : «Jesais que ce centre offre des contraceptifs oraux, des DIU, des injectables et des condoms. Permettez-moi de commencer en vous demandant si dans ce district ces méthodes sont également disponibles auprès d'autres sources.» Mme Kayuku était un peu étonnée de la façon rapide de parler de M. Sidibe et de sa manière abrupte mais elle était prête à répondre à la question qu'il lui avait posée. La Formation sanitaire de Dori avait été le premier et jusqu'à récemment la seule formation sanitaire à fournir des services de planification familiale dans la région. Il était évident qu'elle était fière de ses réalisations. «Nous sommes les seuls prestataires de planification familiale de la région» répondit-elle. «Nous fournissons tous les DIU et les injectables de la région, personne d'autre ne les fournit. Grâce à un programme spécial lancé par un membre du personnel, les clientes peuvent se procurer des condoms à un prix très modique dans un certain nombre d'autres endroits, bien que nous les fournissions toujours gratuitement ici. Jusqu'au mois dernier, nous étions la seule source de pilules de la région, mais le Programme national a commencé à livrer des pilules aux trois pharmacies rurales de la région où on peut les acheter à un prix subventionné. «Quelles procédures de réapprovisionnement des clientes appliquez-vous?» demanda M. Sidibe. «Nous suivons bien sûr les procédures qui ont été mises au point au Bureau central,» répondit Mme Kayuku, en se demandant pourquoi il devait poser une question aussi évidente. «Lors de la première visite d'une cliente, nous lui donnons des pilules pour trois mois et à sa visite suivante comme à toutes les autres visites, pour six mois. Nous utilisons ici un injectable de trois mois et demandons aux clientes utilisant cette méthode de revenir juste avant que les trois mois ne soient écoulés. Nous fournissons des condoms sur demande et les clientes n'ont pas à s'inscrire lorsqu'elles viennent se réappro visionner.» Mme Kayuku était quelque peu surprise de voir que M. Sidibe écrivait chaque mot dans son cahier. «A quel intervalle demandez-vous aux gens de revenir pour leur visite de suivi du DIU?» demanda-t-il. «Chaque nouvelle utilisatrice du DIU doit revenir au bout de trois mois pour une première visite de suivi puis tous les ans par la suite,» répondit Mme Kayuku. «Comment savez-vous si les clientes viennent en retard pour se réapprovisionner?» demanda M. Sidibe, toujours penché sur son cahier. «Avez-vous un système de rendez-vous?» «Non,» dit-elle, «nous n'avons pas de système de rendez-vous, ça ne marcherait jamais ici. Nous rappelons simplement aux clientes lorsqu'elles quittent la formation sanitaire, qu'il faut absolument qu'elles reviennent environ deux semaines avant d'être à court de produit.» Après une pause brève, elle ajouta, «nous classons nos fichiers selon le mois où la cliente doit revenir pour se réapprovisionner. De cette façon, nous pouvons identifier celle qui n'est pas revenue à la formation sanitaire comme prévu.» M. Sidibe changea de position et pour la première fois depuis plusieurs minutes, il leva le nez de son cahier et regarda la pendule. Comme l'avait prévu Mme Kayuku, il n'y aurait pas suffisamment de temps pour lui dire tout ce que faisait son centre. Il se leva soudain, lui tendit la main et dit, «merci de votre temps, Mme Kayuku. J'espère vous revoir dans deux semaines, une fois que j'aurai visité toutes les formations sanitaires et que j'aurai pu examiner toutes les données que j'ai recueillies. Je ferai des recommandations au Bureau central qui pourra décider si vous et les autres responsables de formations sanitaires doivent calculer le taux de discontinuation. Si je recommande que chaque formation sanitaire commence à mesurer le taux de discontinuation, vous serez invitée à une réunion de façon à ce que je puisse obtenir les réactions de tous les responsables de formations sanitaires sur la manière dont je conçois le système.» Ayant recueilli toutes les informations dont il avait besoin, M. Sidibe partit faire d'autres visites avant de revenir au Bureau central où il commencerait à mettre au point un système de suivi pour retrouver les personnes ayant discontinué la planification familiale.
1. En décidant s'il faut mesurer le taux de discontinuation et en choisissant les méthodes contraceptives à suivre, il faut envisager plusieurs facteurs. Si vous considérez le contexte de la Formation sanitaire de Dori décrit ici, quels facteurs faudrait envisager et recommanderiez-vous d'évaluer le taux de discontinuation? Si oui, à votre avis, pour quelles méthodes contraceptives faudrait-il le faire et pourquoi? Si vous choisissez de ne pas le faire pour certaines méthodes, expliquez pourquoi. La décision de mesurer le taux de discontinuation est influencée par les facteurs suivants :
Pour la Formation sanitaire de Dori, il est possible que M. Sidibe décide de ne pas mesurer le taux de discontinuation pour les condoms parce qu'il existe d'autres points d'approvisionnement où l'on peut se procurer les condoms à un prix minime. En fait, la politique de la formation sanitaire est d'encourager les clientes à se rapprovisionner en condoms chez ces détaillants. Pour le DIU et les injectables, par contre, la formation sanitaire est la seule source d'approvisionnement et ces deux méthodes exigent une consultation. Comme les injectables nécessitent des visites régulières, il est facile de suivre la discontinuation. Les taux élevés de sont de mauvaise qualité, que les clientes ne sont pas satisfaites de la méthode, ou mal conseillées, ou que l'accès aux services est limité, en raison soit de la politique des prix, soit de l'emplacement de la formation sanitaire, soit des heures d'ouverture. Pour le DIU, les normes du programme exigent que les utilisatrices reviennent une fois par an pour une visite de contrôle. Celles qui ne reviennent pas pour leur visite annuelle sont classées dans une catégorie spéciale. Si le nombre de ces clientes est élevé, on pourrait leur rendre visite pour mieux comprendre le problème. Il est difficile de décider s'il faut rechercher les discontinuatrices de la pilule dans ce cas. Comme on peut se procurer la pilule également dans les pharmacies, le taux de discontinuation pourrait sembler élevé alors même que les clientes continuent de l'utiliser. On pourrait analyser un sous-groupe de discontinuatrices pour déterminer s'il est possible qu'elles obtiennent leurs pilules dans une pharmacie. Si, cependant, la plupart des utilisatrices de pilules s'approvisionnent toujours à la formation sanitaire, le personnel pourrait essayer de retrouver les discontinuatrices de cette méthode, peut-être deux fois pas an, pour contrôler la tendance. 2. Pour chaque méthode dont vous avez décidé de mesurer le taux de discontinuation, recommandez les critères que pourrait utiliser la formation sanitaire de planification familiale pour identifier les non-assidues et celles qui discontinuent (c'est-à-dire après combien de temps peut-on considérer qu'une personne qui n'est pas revenue à la formation sanitaire a discontinué la contraception)? Il peut être utile de dresser un graphique semblable à celui de la page suivante, qui indique les méthodes fournies par la formation sanitaire, les protocoles pour dispenser cette méthode, la date où une cliente est classée parmi celles qui ne viennent plus à leur rendez-vous et comment déterminer qu'elle a discontinué. Tout le personnel de la formation sanitaire peut se référer à ces principes.
Les définitions que vous choisissez pour les clientes qui manquent leur rendez-vous et celles qui discontinuent dépendent des protocoles de la formation sanitaire de planification familiale et des hypothèses sur l'emploi des contraceptifs dans la région. Les informations figurant dans la colonne des discontinuatrices sont basées sur les protocoles suivis par la Formation sanitaire de Dori. La date indiquée dans la colonne des non-assidues est basée sur la période pendant laquelle la méthode de contraception reste efficace. On demande cependant aux clientes de revenir plusieurs semaines avant que leurs contraceptifs ne s'épuisent afin de pouvoir contacter celles qui ne reviennent pas à temps avant qu'elles risquent de tomber enceinte. Dans ce cas, une fois que ce délai est passé, on considère qu'elles ont discontinué. Vos définitions peuvent varier légèrement. 3. Si la Formation sanitaire de Dori souhaitait suivre les clientes qui risquent de discontinuer, quel système recommanderiez-vous d'utiliser pour les identifier et pour les contacter? Comme la Formation sanitaire de Dori a déjà un système de classement des dossiers selon le mois pendant lequel la cliente doit revenir pour se réapprovisionner, il serait aisé d'identifier les clientes qui risquent de discontinuer. A la fin de chaque mois, on peut mettre sur une liste de suivi tous les dossiers restant dans ce fichier. Il faut contacter la cliente le mois suivant et si après une visite de suivi elle ne revient pas, on peut classer son dossier dans le fichier des discontinuatrices.
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