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Table des Matières Aminata Conte, Infirmière en chef du poste de santé de Bale, arrive à la réception l'air abattue. La réceptionniste, Fatoumata, lui demande ce qui ne va pas. «Lors de la réunion régionale hier, le Directeur régional m'a dit que, dans six mois, nous devons commencer à fournir une gamme plus importante de services de santé. Outre la santé infantile, la santé maternelle et la planification familiale que nous offrons actuellement, nous devrons ajouter plus de services de santé reproductive et de soins curatifs pour adultes,» dit-elle avec une voix découragée. «Tout, y compris le laboratoire et une pharmacie, se trouvera dans ce bâtiment.» «Et alors, où se trouve le problème ?» demande Fatoumata. «Le Comité de quartier nous demande de le faire depuis des années. Nos clients, eux aussi, souhaitent avoir un laboratoire ici, pas simplement à l'hôpital qui se trouve à l'autre bout de la ville. Et vous-même, vous dites qu'un trop grand nombre de clients ne reçoit pas les médicaments dont il a besoin parce que les pharmacies locales connaissent des ruptures de stock et qu'il est difficile d'aller ailleurs.» «Oui, je sais bien que c'est une bonne chose que de fournir tous les services ici,» répond Madame Conte, «Mais nous avons déjà assez de difficultés à maintenir les temps d'attente à une durée raisonnable. Où allons-nous mettre tous ces services ?» soupire-t-elle. «Bon, commençons par le début. Envoyez quelqu'un chez Mohamady Traore du Comité de Bale, pour lui demander s'il peut assister à une réunion à quatre heures, cet après-midi. L'Infirmière Diallo est-elle ici ? J'aimerais également m'entretenir avec elle.» Elle quitte la réception et se dirige vers son bureau. Tard dans l'après-midi, l'Infirmière en chef Conte, l'Infirmière Diallo et Monsieur Traore sont assis dans le bureau de Madame Conte. Celle-ci vient juste de leur expliquer que le gouvernement central a demandé à tous les bureaux régionaux du Ministère de la Santé de travailler avec leurs postes de santé afin d'élaborer des plans organisationnels et administratifs en vue de fournir des soins de santé intégrés. Chaque poste doit présenter un plan de transition qui sera discuté lors de la prochaine réunion régionale mensuelle. «La formation sanitaire restera-t-elle ici dans ce bâtiment ?» demande Monsieur Traore. Il l'espère bien car son magasin est en face, de l'autre côté de la rue et, grâce à l'ouverture de la formation sanitaire il y a cinq ans, ses affaires ont bien prospéré. «Oui,» lui répond Madame Conte. «Mais nous allons devoir voir comment nous pouvons utiliser l'espace dont nous disposons de manière plus efficiente. Nous aurons un personnel plus important et nous aurons également besoin de plus de salles. Nous devrons également voir où nous pourrons mettre le laboratoire et la pharmacie et où nous pourrons emmagasiner nos provisions et notre équipement. Pour le moment, je ne sais pas où nous allons mettre tout cela.» «A votre avis, de combien d'infirmières aurons-nous besoin ?» demande Madame Diallo. «J'ai déjà assez de mal à superviser les trois que j'ai actuellement. J'aimerais bien avoir un bureau séparé où je peux garder les dossiers des membres du personnel que je supervise et où je peux leur parler en privé au lieu d'avoir à le faire dans le couloir où tout le monde peut nous entendre.» «Je crois que nous allons pouvoir faire quelques petits travaux de réfection, peut-être construire des cloisons pour diviser les salles plus grandes et mettre un toit sur la véranda, devant,» dit Madame Conte. «Le gouvernement nous donnera un petit financement pour la réfection. Mais, pour l'essentiel, c'est à nous de voir comment nous pourrons mieux utiliser l'espace dont nous disposons déjà.» «Mettons sur pied un comité pour commencer à discuter de la réorganisation. Nous nous rencontrerons samedi. A votre avis, qui devrait en faire partie ?» «J'aimerais bien faire partie du comité,» dit Monsieur Traore. «Et je pense que Madame Balde, chef du Groupement féminin, devrait également en faire partie.» «J'inviterai l'Infirmière Assatou,» dit Madame Diallo. «Et je pense que nous devrions également demander à Fatoumata de se joindre à nous. Elle pourrait avoir de bonnes idées. Bocar, aussi, en tant que responsable du nettoyage et de l'entretien du bâtiment.» «Le bureau régional nous a fourni des directives pour nous aider à nous organiser,» dit Madame Conte. «Je pense que nous devrions prendre cela comme une occasion pour améliorer l'efficacité de nos services et fournir de meilleurs services à tout le monde.» Le samedi après-midi suivant, le comité de réorganisation se rencontre dans la zone de réception de la formation sanitaire. Madame Conte ouvre la séance en souhaitant la bienvenue aux autres membres du comité. «Je vous remercie de participer à cet effort important de restructuration de l'espace physique de notre poste de santé,» commence-t-elle. «J'aimerais que cette réunion soit pour vous l'occasion d'exprimer librement vos opinions et de faire des suggestions. Nous ne pourrons pas appliquer tous les changements proposés mais nous les prendrons tous en compte.» Fatoumata prend la parole en premier. «Je pense que nous devrions déplacer la salle où est stocké le matériel de bureau,» dit-elle. «La porte juste derrière ma chaise m'oblige à me lever chaque fois que quelqu'un veut rentrer et c'est le cas toute la journée.» «C'est une très bonne suggestion,» dit Madame Conte. «Et si nous la déplacions dans la salle où nous gardons les dossiers ? Et si nous mettions les dossiers à côté de votre bureau ?» Fatoumata fait un signe de la tête, satisfaite. «Je pense que nous devrions songer à utiliser la pièce du Docteur Diabate comme salle d'examen tous les jours,» dit Madame Assatou. «Il n'est là qu'une fois par semaine et nous avons vraiment besoin de cet espace, surtout si nous allons commencer à offrir plus de services. Nous pourrions aussi déplacer le stock médical du magasin sous-utilisé à de nouvelles étagères dans les salles d'examen. Ainsi, il serait possible de faire du magasin une autre salle d'examen» Madame Diallo approuve en faisant signe de la tête. «Je lui en parlerai,» dit Madame Conte, «mais je pense que c'est une bonne idée.» Elle se tourne vers Madame Balde. «Nous n'avons pas encore entendu votre avis, Madame Balde. Avez-vous des suggestions à faire ?» «Certaines des femmes de la communauté se sont plaintes de la manière dont le poste de santé élimine ses déchets,» dit Madame Balde. «Il est dangereux de les laisser dans des poubelles ouvertes à côté du poste avant de les transporter au dépotoir. Les chiens fouillent dans les poubelles et traînent les déchets dans la rue et, parfois, les enfants jouent avec les déchets. J'aimerais bien que nous fassions quelque chose dans ce domaine.» «Le bureau régional nous a demandé de faire davantage attention en jetant les déchets,» dit Madame Conte. Elle se tourne vers Bocar, chargé de l'entretien. «Avez-vous des suggestions à ce propos ?» «A votre avis, que penserait la communauté si nous brûlions nos déchets dans un incinérateur à l'arrière ?» dit-il. «Se plaindrait-elle de la fumée ?» «Non, je ne pense pas,» dit Madame Balde. «Surtout, si le résultat est une rue plus sûre pour leurs enfants. J'en parlerai à certaines des femmes du groupe et je vous dirai ce qu'elles en pensent.» «Mon plus grand problème,» dit le conseiller à la planification familiale qui avait été invité à participer, «est que je n'ai pas un endroit séparé pour donner des conseils aux gens. Mes clients ne sont pas à l'aise quand ils doivent parler de la planification familiale sachant que d'autres personnes peuvent écouter la conversation.» Madame Diallo se tourne vers Madame Conte. «Et si nous divisions votre bureau en deux pièces ?» demande-t-elle. «Je sais que vous avez besoin de recevoir des visiteurs, surtout des personnes du gouvernement et des bailleurs de fonds mais cela n'arrive pas très souvent et je pense que vous auriez assez de place, même s'il ne vous restait que la moitié de votre bureau.» Madame Conte soupire. Elle a pris l'habitude de son grand bureau. «Je suppose que c'est, en effet, une meilleure utilisation de l'espace,» dit-elle. «Voyons combien d'argent nous avons pour la construction.» «Où allons-nous mettre la pharmacie ?» demande Monsieur Traore. «Je pense qu'elle devrait s'ouvrir vers l'extérieur, sur la véranda. Ainsi, même les gens qui passent pourront entrer.» «Oui,» dit Fatoumata. «Et les gens peuvent également attendre là pour leurs ordonnances.» «Bonne idée,» dit Madame Conte. «Et un toit sur cette véranda en ferait une salle d'attente pour les gens qui préfèrent attendre à l'extérieur.» «Je pense que les femmes de la communauté aimeront cette idée,» dit Madame Balde. «En fait, elles n'aiment pas attendre à l'intérieur, et il fait trop chaud au soleil.» «Parfois, il est difficile de se déplacer dans le poste lorsque nous avons beaucoup de clients et certains attendent dans les couloirs,» dit Madame Assatou. «Et si nous mettions une sortie tout au bout pour que les clients qui ont terminé puissent aller vers le fond du bâtiment au lieu de devoir revenir sur leurs pas ? Ainsi, les clients des autres salles se sentiront également plus en privé car il y aura moins de circulation qui passerait les salles.» Madame Conte regarde sa montre. «Nous avons eu beaucoup de suggestions aujourd'hui,» dit-elle. «Madame Diallo et moi-même les discuterons toutes cette semaine. Si vous avez d'autres idées, n'hésitez pas à nous les communiquer.» «Nous allons jeter un regard systématique sur notre espace en utilisant le plan que nous a envoyé le bureau régional. Et nous commencerons à réfléchir aux types de ressources et de personnel dont nous aurons besoin pour fournir les services supplémentaires et servir les nouveaux clients que ces services attireront. Nous pourrons à nouveau nous rencontrer samedi prochain pour continuer cette discussion et voir comment nous pouvons mettre en oeuvre les changements au vu de notre budget, du plan de construction et des nouveaux services que nous fournirons.»
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