Les services de planification familiale existent au Kenya depuis 1955 par le biais du Ministère de la Santé. Aujourd'hui, les services de planification familiale sont aussi également fournis par un certain nombre d'organisations privées non-gouvernementales (ONG). En Décembre 1982, le cabinet du vice-président a mis en place le Conseil National pour la Population et le Développement (CNPD) dans le but de formuler des politiques et des stratégies relatives à la population, et coordonner les activités relatives à la population dans les secteurs publics et privés.
En 1985, le Programme National de Planification Familiale du Kenya a adopté comme stratégie prioritaire un programme de distribution à base communautaire (DBC) pour rendre les contraceptifs plus accessibles, particulièrement dans les zones rurales. Cette stratégie a été essentiellement mise en oeuvre grâce aux efforts des grandes ONG comme l'Association pour la Planification Familiale du Kenya, et plus récemment par l'Association Chrétienne pour la Santé du Kenya et Maendeleo Ya Wanawake (l'organisation nationale des femmes). Le Ministère de la Santé (MS) est aussi en train d'instituer des services de DBC.
Chacune des organisations de planification familiale fournissant des services de DBC avait son propre système d'information. Comme chaque organisation recueillait des données qui n'étaient pas nécessairement comparables aux données collectées par les autres, il s'est avéré de plus en plus difficile de rassembler les données à l'échelle nationale. Le Ministère de la Santé a fait des efforts pendant un certain temps, encouragé en cela par les donateurs, pour améliorer la collecte et la disponibilité de statistiques de service de planification familiale au Kenya destinées à la fois à la gestion des programmes et à la planification des activités.
En 1989, le besoin d'un système national d'information unifié s'était fait clairement ressentir. Deux projets
ont été entrepris dans le but de réunir des statistiques nationales: l'une pour recueillir des données sur les produits
et l'autre des statistiques de services. Bien que ces deux systèmes aient été conçus pour servir de système
national d'information, aucun des deux n'était conçu pour recueillir des données sur les programmes de DBC. Le
NCPD s'est rendu compte que la mise en place d'un système d'information séparé pour la DBC revenait à avoir
trois systèmes nationaux parallèles. Il était évident que pour éviter ce double emploi, il fallait avoir un seul
système d'information qui serait utilisé par chaque organisation pour produire des données au niveau national.
Cette année-là, le NCPD a recouru aux services d'un bureau de consultation privé pour l'aider à concevoir un système permettant de coordonner l'ensemble des activités des ONG. Travaillant avec les ONG de planification familiale, le Ministère de la Santé, le NCPD et plusieurs autres groupes, les consultants ont fait l'ébauche d'un système de statistiques de services ainsi qu'un système de collecte et de rapports concernant la DBC, pouvant être adopté par toutes les ONG. Par la suite deux réunions ont été tenues: la première pour décrire tous les aspects du système national d'information sur la planification familiale, y compris les formulaires de collecte de données, les définitions, le codage des données et leur entrée, la circulation de l'information et la rétro-information («feed-back»). La seconde réunion à permis d'analyser le rôle du système national d'information sur la planification familiale, et les changements requis pour sa mise en oeuvre.
Une fois ce nouveau système mis en place, tous les prestataires de services de planification familiale vont collecter et enregistrer des données similaires et le NCPD sera à même de produire des informations sur la planification familiale au niveau national. En plus, les frais de fonctionnement annuels de ce système unique seront certainement moins élevés que le coût des systèmes séparés.